40, rue Fontaine - 75009 Paris
Depuis près de 77 ans, le Carrousel de Paris, célèbre cabaret parisien, est devenu au gré des modes, le music-hall le plus éclectique de la capitale.
L’histoire commence en 1926, à deux pas du Moulin Rouge, grâce au comte Albatino qui crée pour Joséphine Baker le cabaret appelé "Chez Joséphine", et celui-là même qui allait devenir quelques années plus tard le dîner spectacle paris du Carrousel de Paris. Avant même que la maison ne devienne un restaurant spectacle, elle y chantera peu avant de devenir vedette, et y fera la fête en compagnie de Jean Cocteau, Robert Desnos, Colette, ou René Clair… En 1933, Trênet débute maladroitement au Carrousel version cabaret Parisien, puis ce sera le tour de Piaf, qui grâce à son père, Louis Gassion, y remportera un succès immédiat, nous sommes en 1936.
En 1938, Bourvil passe la porte du Carrousel pour participer à un radio-crochet qu’il gagnera avec "Ignace", transformant la Maison en café théâtre parisien ; Léo Ferré y donnera ses premiers concerts, ainsi que Bécaud qui ne laissera de traces qu’en tant que pianiste-acompagnateur. Mais les squetches et les pitreries de Bourvil ayant fait des émules, il y eu de plus en plus d’artistes comiques pour s’essayer sur ce qui allait devenir la scène la plus folle de tout Paris.
On
ne compte plus les vedettes qui ont joué sur la
scène du Carrousel, on se souvient de Brassens, qui en 52, essaie son
tour de chant juste avant Bobino quelques mois plus tard. Boby
Lapointe, lui, débarque un beau jour, et crée en moins de temps qu’il
ne faut pour l’écrire, un véritable spectacle burlesque, mélangeant les
genres et allant jusqu’à faire manger et danser les rares spectateurs
présents ce soir-là : le restaurant discothèque genre Cesar Palace,
était né, et avec lui, l’organisateur de spectacles.
A cette
même époque, Julien Saurel le fameux crée le restaurant Paris sur la
place Blanche, Brel se lie d’amitié à Juliette Gréco, et c’est pour
elle qu’il écrit " Quand on a que l’amour", encore et toujours sur la
scène du Carrousel de Paris, cette fois devenu theatre Paris sera
toujours Paris...
A cette même époque, Sacha Distel y joue
du Jazz en petite formation, et commence à faire danser.
En
54, Dalida y passe l’audition qui changera le cours de sa vie, c’est là
qu’elle sera remarquée par Lucien Maurice, alors directeur d’Europe
N°1, et par le jeune Eddy Barclay. Le cabaret diner-spectacle prend peu
à peu sa forme actuelle, et c’est en 1958, que Barbara y connaîtra les
désagréments d’un public boudeur, et lui préférera les soirées cabaret
Paris, (plus intellectuelles !), de la rive gauche.
Quant
à Serge Gainsbourg, déjà ivre, (mais pas encore de gloire !), on se
souvient l’avoir vu commencer son tour de chant avant de l’interrompre
brutalement à cause d’un spectateur un peu bruyant. Ce soir-là,
l’assistance restera sur sa faim. Et puis c’est le début des années 60
; Jean Ferra y crée "ma môme", et Nino Ferrer, lui aussi inspiré par le
jazz, y restera quelques mois.
Enfin, en 1966, Ivan Rebroff
fraîchement débarqué de sa Russie natale y déposera quelques semaines
ses valises.
Toujours
à la recherche des attractions les plus en vogue, la direction de
l’époque choisira Coccinelle pour créer l’événement début 70 ; tandis
qu’a la belle époque Alain Bernardin crée l’illustre Crasy Horse, tout
Paris se presse alors pour admirer la 1ère transexuelle à se donner en
spectacle, version diner-spectacle burlesque. Forcément, ça changeait
un peu du Lido !
Et puis, à cette époque, le Carrousel de
Paris se transforme en boite-à-filles ou à strip-tease. Subsiste le
spectacle, mais dans la salle plus de 50 filles, plus belles les unes
que les autres, font aussi boire du champagne à leur bienfaiteur de
passage…
François
Mitterrand, avec ses grands travaux, touchera de plein fouet le
Carrousel, en créant le Carrousel du Louvre, (ni cabaret paris ni music
hall paris), ce qui, dans l’esprit du public ne fera que compliquer les
choses en ce qui concerne les activités pourtant tellement différentes
des deux maisons…
Madame Arthur s’installe au Carrousel de
Paris, (et non pas au Carrousel du Louvre !) avec ses transformistes
(genre Michou) en 1990, quant à la revue du Carrousel de Paris dans sa
forme actuelle, c’est le dernier-né des patrons de music-hall, Samy,
qui la crée en 96, s’inspirant à ses dires, d’une des pires revues
qu’il ai jamais vu, celle du Paradis Latin... (sic !)
Il crée également le restaurant discothèque Paris, organise des événements privés ou publics, des soirées à thème, ou même des vernissages ; (pour faire un pied de nez au Carrousel du Louvre !).
Pas d’interdit, les meilleurs comiques y font leur show : Mathieu, Olivier Lejeune, Gérald Dahan, ou Bernard Mabille, quand à Lagaff, ou Michel Leeb, n’oublions pas qu’ils ont débuté au Carrousel il y a quelques années… «Tout est possible…» dira Samy, le patron aux grognements connus de tous, aux conservateurs qui voudraient garder le lieu comme il a été créé. Tantôt café theatre paris, tantôt spectacle paris, peu importe, du moment que Paris, reste et sera toujours Paris… !
Les attractions s’adaptent à l’époque, et aujourd’hui, même si le table-dance n’est pas encore à l’honneur, les girls qui dansent au Carrousel de Paris sont parmi les plus belles qui puissent exister… On se diversifie encore, et les enterrements de vie de jeunes filles ou de garçons s’organisent l’été ; l’hiver, c’est plutôt la place des soirées de sociétés et anniversaires en tous genres. Un véritable Paradis Latin… Quand à la Saint-Sylvestre et Noël, les réveillons du 24 et du 31 décembre y sont plus que jamais explosifs !
Les
grands travaux de l’an 2000 voient se transformer un théâtre si
ancien en un tout nouveau music-hall ultra-moderne sans pour autant que
le décor ne fut changé.
Les fiestas s’enchaînent, les
revues, les diner-spectacles, et les soirées cabaret, le Carrousel est
plus que jamais pour l'avenir en mutation permanente.
Et pour
l’année qui vient, avec la nouvelle revue, Rigoleto !, le classique
burlesque fait son entrée au Music-hall, (avec les vrais tutus de
l’Opéra, et la Mort du Cygne…), les danseurs deviennent comiques, ça,
c’est une première !
Côté musique, on danse toujours tous
les vendredi et samedi soirs après le spectacle, c'est la cerise sur le
gâteau !